[LIVRE] L’esprit de l’Art

The « Art spirit » écrit par Robert Henri, est une collection de notes/lettres sur la vie du peintre, sur son oeuvre, sur ce qu’être artiste signifie et sur ceux qui étudient l’art. C’est un livre riche bien qu’un peu redondant, on y retrouve les mêmes idées exprimées plusieurs fois sous des angles différents, et il offre une vision très sage  et profonde de la peinture.

Via ce livre, j’ai eut l’impression d’avoir pu écouter le professeur que je n’ai jamais eut me dire la signification de mon acte d’artiste… ou plutôt me donner des outils, des principes, qui m’ont permis de combler un vide que je ressentais depuis quelques mois en ce qui concerne ma pratique artistique.

C’est le pouvoir de ce simple livre, une fenêtre su les pensées d’un peintre amoureux du monde et essayant de retranscrire cet amour, cette passion, dans ses peintures et dans ce cas-ci, dans ses écrits.

Je vais essayer de retransmettre ce qui dans ce livre m’a beaucoup touché, cette chose qui parvient à rappeler ou à faire découvrir une dimension de la peinture trop souvent délaissée (notamment dans les écoles que j’ai côtoyée ).

Le sens de la peinture, le caractère de l’artiste.

Peindre n’est pas reproduire.
L’art qui compte, celui que nous considérons comme important et « beau » est celui qui parvient mêler le sujet et sa signification pour l’artiste.
Il ne suffit pas de bien reproduire un visage, il faut parvenir à identifier ce qu’il « signifie » et comment le transmettre dans la peinture.
L’artiste doit donc faire des choix, jouer avec le sujet et sa représentation, être attentif à ses propres émotions et parvenir à les communiquer à travers des décisions dans sa peinture.

Il n’y a pas de règle à suivre si ce n’est de parvenir à comprendre ce qui est beau dans ce que l’on trouve beau, ce qui est fort dans ce que l’on trouve fort, etc…

Pour y parvenir, l’artiste doit utiliser tous les outils à sa disposition : l’observation, l’étude, les théories & règles ne sont donc pas des limitations mais bien des stimulants permettant de mieux comprendre la profondeur du sujet.

Un artiste doit-il bien connaître l’anatomie du visage pour peindre un bon portrait ?
Peut être pas, mais sans ses connaissances, peut-il vraiment comprendre la vie du visage qu’il observe? Sait-il que la ride qu’il voit au coin de l’oeil est le résultat de décennies de contraction des « muscles du sourire », que la bosse qu’il perçoit est l’expression de nombreuse sous-structures qui composent ce visage ?
Cela ne rend-il pas le visage plus riche, plus vivant, comme si il avait une histoire plus complexe ?
Ces connaissances sont autant d’outils que l’artiste peut utiliser dans son ouvrage.

N’oubliez pas l’unité ! 

En me formant moi-même et en suivant les tutos et interview en ligne que je pouvais trouver, il y a un concept primordial de la peinture que je n’ai jamais vraiment compris: celui de l’unité.

L’auteur parle de l’unité (« unity ») très régulièrement et le principe est simple :

L’image doit être considérée comme un ensemble cohérent et unique et non pas comme un assemblage.

En lisant les nombreux paragraphes du livre qui insistent sur ce concept, j’ai ouvert les yeux sur une chose qui manquait vraiment à mon approche en tant qu’illustrateur, chaque partie doit être utilisée pour servir le même but dans la tête de l’artiste.

La vision d’ensemble doit toujours primer sur le reste, et servir le propos de l’oeuvre.
Pour moi il s’agit d’une façons d’expliquer l’importance de « ne pas zoomer trop tôt dans l’illustration », un principe expliqué par de nombreux artistes que j’admire et que je suis en ligne.

Mais l’explication habituelle tend à être très mécaniques: on ne zoome pas pour éviter de détailler des zones qui ne marchent pas bien. La raison donnée par H.R. est beaucoup plus riche et importante : les détails ne comptent tout simplement pas, ou plutôt ils ne servent que de compléments à l’ensemble et donc, l’ensemble doit toujours être le sujet de notre attention.

Jusqu’à récemment j’ai pris ce problème à l’envers : je construisait mon image rapidement, pressé que j’étais de m’attarder sur les détails.
Bien sure ce faisant je bâclai le moment le plus important: la construction de la base de l’illustration, ce qui va lui donner son âme et définir son caractère.
Le résultat est souvent une illustration qui « manque d’impact » ou qui est « cool mais sans plus » ou encore avec un style « impersonnel ».

La raison était pourtant simple, tout ce temps j’avais évité de répondre et de travailler la partie la plus importante de mon illustration : sa cohérence globale.

Et c’est en travaillant sur cet aspect et en le gardant toujours en tête (l’unité doit prévaloir sur tout détails) que l’on parvient à donner de la vitalité à son illustration.

 Les écoles, l’étudiant et l’esprit de l’art.

L’école en tant qu’institution fait face à 2 problèmes : premièrement elle est imparfaite en tant que structure et subit les mêmes lois de décadence et corruption que toutes structures ou systèmes.
Deuxièmement le chemin de l’étudiant est un chemin personnel, il est illusoire de penser que l’école va nous rendre bon, c’est l’étudiant qui doit se rendre bon, ça recherche artistique est une voie purement individuelle et il est le seul à pouvoir se définir lui-même.

Or beaucoup d’étudiants semblent attendre que le titre de « créateur », ainsi que l’aptitude de créer leur soient offerte comme on donne un diplôme et restent prisonnier de cet état, attendant qu’on leur donne ce qu’eux seuls peuvent trouver.

L’étudiant doit se libérer de cette attente, l’école n’est pas la source de leur créativité ou de leur génie caché, leur vie l’est !
L’école est une ressource, que l’étudiant doit apprendre à exploiter au risque de passer à côté des opportunités qui l’entoure, ainsi cela n’a pas d’importance si la qualité des cours laisse à désirer où si les professeurs ne sont pas très bons, le monde regorge de moyens pour qui sait avoir l’oeil.

L’imperfection de l’école est en fait une opportunité : l’étudiant doit apprendre à naviguer malgré les obstacles, peut-être est-ce plus fatiguant et inquiétant, mais il en ressortira renforcé !
Nombreux sont les « grands maîtres » ou « génies » qui n’ont pas eut d’éducation pour devenir ce qu’ils sont devenus, c’est bien leur état d’esprit, leur vision qui les a mené où ils ont été.

Pour résumer.

Je ne pense pas avoir vraiment fait justice au livre de Robert Henri, il y a beaucoup d’idées que je ne pourrais pas exprimer en détails ici, comme la relation du peintre et de son modèle, divers conseils artistiques, l’importance des formes globales, le dynamisme des formes, la solidité des formes, les lignes, etc etc…

Si vous êtes un illustrateur, je ne peux que vous recommander ce livre, il m’a personnellement beaucoup aidé et j’espère qu’il en sera de même pour vous.

Je terminerai sur les mots de Robert Henri :

Paint like a fiend. 
Don’t do art, live.
let the idea posseses you !

Peins comme un démon. 
Ne fais pas de l’art, vis.
Laisses l’idée te posséder !

 


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ps : Je n’ai pas trouvé de version française, le lien vous mènera vers la version originale anglaise.


Un autre livre dans le même genre :
La Guerre de L’art, Par Steven Pressfield.

 

 

 

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